Du maïs à la noix tigrée, en passant par le chènevis ou le blé, nombreuses sont les graines qui, bien avant que les bouillettes ne fassent leur apparition, faisaient déjà le bonheur des pêcheurs et des poissons. Leur succès ne s’est d’ailleurs jamais démenti et tout carpiste qui se respecte ne peut ignorer les qualités qu’elles présentent en termes d’attraction et de nutrition. Elles demandent cependant un travail de préparation (trempage et cuisson), qui diffère légèrement selon l’appât choisi.

Maïs

Peut-être plus culte encore que la bouillette, le maïs est utilisé depuis la nuit des temps pour la pêche des cyprinidés. Sucré, voyant, tendre et pas cher, il est un allié indémodable qui pourra s’utiliser seul ou associé à d’autres ingrédients dans un spod mix. Et puis ça sera l’occasion de sortir les faux grains de maïs flottants qui traînent au fond de votre boîte de pêche depuis un moment.

Si le maïs doux en conserve est prêt à l’emploi, le maïs grain en sac requiert une préparation préalable.

  • Rincer la quantité de maïs souhaitée, la placer dans un seau et recouvrir d’eau
  • Laisser tremper 48 heures afin que les graines gonflent
  • Porter l’eau à ébullition et laisser cuire environ 30 minutes. On peut en profiter pour ajouter du sucre et pourquoi pas un arôme
  • Laisser refroidir puis boucher le seau, en conservant évidemment l’eau de cuisson

Attention de ne pas négliger les étapes de trempage et de cuisson. Une graine insuffisamment gonflée dans votre seau finira de gonfler dans l’estomac des poissons. Ce qui, en plus de les gaver pourrait occasionner des problèmes de digestion potentiellement mortels.

Chènevis

Autre grand classique de la pêche (au coup notamment) : la graine de chanvre, que l’on appelle plus communément chènevis. Particulièrement huileuse et riche en protéines (un peu plus de 20%), les carpes en raffolent (les brèmes et gardons aussi !) et c’est d’ailleurs pour beaucoup la graine de premier choix pour une pêche dite de “particules”. Tout spod mix prêt à l’emploi contient toujours une bonne part de chènevis, ce n’est pas pour rien ! Il a notamment l’avantage de s’étaler et de contraindre les poissons à fouiller, ce qui peut permettre de les retenir sur le coup.

  • Rincer la quantité de chènevis désirée, la placer dans un seau et recouvrir les graines d’eau
  • Laisser tremper 12 à 24 heures
  • Faire bouillir l’eau (de trempage) puis cuire à feu moyen pendant environ 15 minutes. Le temps de cuisson peut varier selon le diamètre du chènevis, mais la cuisson est en tout cas finie lorsque les germes blancs apparaissent
  • La cuisson peut être l’occasion d’ajouter un peu de sel et même de la poudre de chili. Deux choses que les carpes apprécient et qui peuvent donner un attrait supplémentaire à vos graines, sinon une différence
  • Refroidir le chènevis à l’eau froide puis le remettre dans son jus, préalablement refroidi lui aussi

Le chènevis, s’il est un appât formidable, a en revanche un gros défaut : il se conserve très mal. Mieux vaut le préparer la veille de la pêche, ce qui permettra normalement de le conserver tout au long de la session. Du moins si elle n’excède pas une semaine !

chènevis
On peut aussi cuire plusieurs kilos d’un coup et congeler plusieurs petites portions, puis sortir la quantité désirée la veille du départ.

Il existe plusieurs façons d’utiliser le chènevis. La plus classique est évidemment l’amorçage au spomb ou au bait rocket. Mais on peut également en incorporer quelques poignées à une farine pour réaliser des sticks solubles. Voire même en faire sécher au préalable afin de remplir un sac soluble. La question de l’eschage est plus délicate (les pêcheurs au coup en savent quelque-chose), mais il est par exemple possible d’enfermer une poignée de graines dans un filet à mailles fines ou un collant et de l’enfiler sur le cheveu.

Noix tigrée

On la classe dans la catégorie des graines, mais la noix tigrée n’en est en fait pas vraiment une. Il s’agit plus exactement des tubercules du souchet (une plante méditerranéenne), que certains pays d’Afrique dégustent tels des noisettes, ou dont les Espagnols se servent pour concocter l’horchata de chufa, boisson glacée originaire de la région de Valence.

Là encore, c’est un appât très apprécié des carpes. Beaucoup ont, par le passé, expliqué son succès tout d’abord par le taux élevé de glucides (sucre et amidon) qu’elle contient, mais aussi (et c’est plus théorique) grâce à l’effet craquant de la noix tigrée sous les dents pharyngiennes de la carpe, qui pourrait lui rappeler son dernier festin de moules et escargots d’eau douce. Ne riez pas et essayez sans plus tarder la noix tigrée, car c’est quoiqu’il en soit un appât génial.

  • Rincer les noix tigrées avant de les recouvrir d’eau dans un seau
  • Laisser tremper 48 voire 72 heures. Pas de négligence avec la noix tigrée, qui peut s’avérer dangereuse si elle est mal préparée
  • Cuire à ébullition au moins pendant 45 minutes, en y ajoutant du sucre (150 grammes par kilo de graines environ)
  • Remettre les graines dans le seau sous oublier le précieux jus de cuisson, qui devrait commencer à prendre de l’épaisseur et fermenter quelques jours plus tard

La noix tigrée coûte certes plus cher que le maïs, mais c’est une graine qui se conserve beaucoup plus longtemps et qui n’est pas des plus digestes. De fait, il n’est pas recommandé d’en amorcer des quantités importantes et vous verrez qu’une marmite de noix tigrées pourra souvent vous faire plusieurs sessions.

Il est de coutume d’en mettre une part bien inférieure au chènevis et autres petites graines dans l’amorçage, parce que mises à part les carpes et quelques grosses brèmes, les autres poissons blancs s’y “casseront les dents”. N’hésitez pas à utiliser les plus belles en esches, en incorporant pourquoi pas un morceau de liège dans une noix forée au préalable, afin de réaliser un montage équilibré.

Blé

Peut-être moins utilisé de nos jours, le blé demeure un ingrédient de choix pour un amorçage à la graine. Moins protéiné mais par contre plus riche en amidon que le chènevis, il peut remplacer ce dernier s’il a été trop utilisé sur le plan d’eau ou la rivière pêché, comme on peut très bien les associer. Comme le chènevis, il ne brille pas par sa sélection, aussi faut-il prendre en compte la population de poissons blancs avant de le lancer sur son coup.

  • Placer le blé dans un seau et verser de l’eau
  • Laisser tremper 48 heures
  • Cuire pendant 30 minutes

Autres graines

Il existe une multitude d’autres graines moins conventionnelles, comme le lupin (48 heures de trempage/30 à 45 minutes de cuisson), l’arachide (48 heures de trempage/20 minutes de cuisson) ou certaines graines destinées à l’alimentation des oiseaux, comme le millet (24 heures de trempage/15 minutes de cuisson). Il ne tient qu’à vous de sélectionner celles qui vous intéressent, quitte à varier les plaisirs et les approches. Ce qui nous réussit toujours plutôt bien à la pêche, d’ailleurs…

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