Spinner rig par ci, ronnie rig par là. C’est le dernier montage à la mode et on en entend donc beaucoup parler. Est-il pour autant vraiment incontournable ?

Si vous êtes, comme moi, toujours un peu sceptique à la vue d’un montage alambiqué, alors le spinner rig ne doit sans doute pas faire exception. Certains carpistes ne jurent désormais que par lui et insistent même (lourdement) sur son taux de prises et son aspect “révolutionnaire”. Quitte à être un peu de mauvaise foi, je dirais qu’il n’y a jamais rien eu d’aussi révolutionnaire dans le domaine que l’invention du montage cheveu dans les années 70… J’exagère un peu, bien sûr, mais la différence avec le spinner rig et les autres montages modernes est de taille : à l’époque, tout pêcheur désireux de pêcher la carpe sérieusement et d’en prendre régulièrement ne pouvait pas se permettre d’ignorer le véritable avancement que représentaient le montage cheveu et la bouillette. Aujourd’hui, on peut légitimement s’interroger sur la nécessité de compliquer les montages et d’utiliser davantage d’accessoires, alors que s’en tenir à des choses simples est souvent tout aussi efficace.

Avec le spinner rig, le principe est de présenter une pop-up juste au-dessus du fond. L’idée n’est pas nouvelle et le spinner rig s’inspire d’ailleurs de plusieurs montages du genre, aux mécaniques déjà bien connues. La façon dont l’hameçon est fixé vient par exemple du montage 360°. Sur ce dernier, l’hameçon est enfilé directement dans un émerillon jusqu’à amener l’œillet (rentrant) en butée. Dans le cas du spinner rig, l’hameçon est attaché à un émerillon à agrafe rapide et recouvert d’un petit morceau de tube ou de gaine. Le résultat est sensiblement le même et procure à l’esche (attachée sur un petit émerillon coulissant façon German Rig) une grande liberté de mouvement; et au montage, une mécanique anti-éjection efficace. Dans les deux cas, l’émerillon simple ou à agrafe est ensuite relié au clip-plomb (ou au système hélicoptère) à l’aide d’une section plus ou moins souple, décomposant alors le montage en deux sections distinctes et articulées. Exactement comme le fait l’Hinged Stiff Rig depuis… la fin des années 90.

Hinged stiff rig
L’hinged stiff rig permettait déjà de bien piquer les poissons sur des pop-ups près du fond

Le spinner rig, comme beaucoup de montages avant lui, ne représente finalement qu’une évolution mineure de montages éprouvés. Évolution initiée par des pêcheurs anglais toujours plus créatifs quand il s’agit de piéger les poissons ultra-méfiants de leurs célèbres étangs sur-pêchés. Évolution peut-être également encouragée par les marques de matériel désireuses de promouvoir de nouveaux accessoires autrement loin d’être indispensables. Tous les anglais ne cèdent pourtant pas aux dernières modes, loin s’en faut. Certains carpistes réputés comme Terry Hearn ou Nigel Sharp se contentent volontiers de l’Hinged Stiff Rig ou du Chod Rig, qu’ils ont d’ailleurs tous deux popularisés. Parce qu’ils leur permettent déjà de pêcher efficacement dans n’importe quelle situation ou substrat rencontrés. Et parce qu’ils savent que leur approche et leur sens de l’eau seront toujours plus déterminants qu’un montage en particulier.

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