Au rayon appâts, le choix est vaste mais pas toujours évident. D’où l’importance de connaître le fonctionnement des différentes recettes pour pouvoir bien choisir sa bouillette.

Les carpes sont des poissons fascinants. Les plus domestiquées d’entre elles sont capables d’avaler presque n’importe quoi tant que ça leur tombe dessus. Tandis que les plus sauvages ne daignent guère s’intéresser aux multiples appâts avec lesquels les carpistes tentent désespérément de les attraper. À mi-chemin de ces deux extrêmes, de nombreux poissons sont capturés chaque jour par les carpistes du monde entier, pour peu que les conditions nécessaires soient réunies. Alors quand ils sont effectivement actifs et qu’on les a localisés, vient la question de l’appât à leur proposer. Et la bouillette est incontestablement l’appât-roi de la pêche de la carpe. Attractive, généralement nutritive (on y reviendra), facile à transporter, à stocker ou à utiliser, elle est l’option numéro 1 pour nombre de pêcheurs. Et même l’unique option pour certains. De par ses différents diamètres, ses différentes recettes et les diverses façons de l’utiliser, la bouillette est un appât très polyvalent qui fonctionne en général à peu près partout. Choisir la bonne quand on n’a pas vraiment de point de référence n’est cependant pas toujours aisé, surtout devant le nombre de marques, d’arômes et de couleurs proposés.

Le juste prix

Certes, il arrive souvent de leurrer une carpe de passage avec une simple pop-up, du maïs en plastique ou même un morceau de mousse. Mais lorsque l’on commence à amorcer un coup, l’appât retenu, de même que les quantités introduites ou la fréquence d’amorçage, peuvent vite déterminer la réussite ou non d’une session. Alors quelle bouillette choisir et dans quelle situation ? Comment expliquer la différence de prix (parfois du simple au quadruple) entre un paquet de bouillettes et un autre ? Il est évident que le marketing a une incidence sur le prix des bouillettes “haut de gamme” et d’une certaine façon, on paye un peu la marque. Mais certaines de ces marques sont sur le marché depuis des dizaines d’années et ont acquis une expérience précieuse dans l’élaboration de recettes efficaces. Ces recettes sont souvent le fruit de nombreuses recherches d’ingrédients, d’ajustements des pourcentages et surtout de nombreux tests en conditions réelles — c’est à dire à la pêche. Ce qui ne veut pas dire qu’une bouillette moins chère est forcément une bouillette moins efficace. Il y a par contre de fortes chances qu’elle soit composée d’ingrédients moins coûteux et agissant différemment.

Texture et composition d'une bouillette
Les bouillettes tendres et aérées sont moins résistantes mais travaillent mieux dans l’eau

Attraction et nutrition

C’est ici qu’intervient la première question à se poser : de quoi ai-je besoin pour ma session ? On n’aborde pas une pêche d’une journée comme on aborde une pêche d’une semaine. Dans le premier cas, le but va être de tirer profit du court délai imparti pour prendre au moins un poisson. Il serait alors inutilement coûteux d’effectuer un gros amorçage. Dans l’autre cas, on dispose de davantage de temps pour amorcer et essayer de retenir les carpes sur un appât en particulier, susceptible de les détourner des autres appâts et de la nourriture naturelle. Les bouillettes les plus chères sont généralement celles dont la composition est la plus complexe. Farines de poisson, de moules ou de krill, protéines de lait, birdfoods, sont quelques-uns des ingrédients que l’on retrouve et qui tendent à faire de ces bouillettes une source de nourriture intéressante pour la carpe, notamment à long terme. Les spécialistes parlent d’appâts à haute valeur nutritive et les décrivent comme les plus à même de séduire les poissons dans la durée. Au contraire des bouillettes (généralement) moins chères, qui misent surtout sur l’attraction rapide du poisson sur le coup. Le mix de farines est souvent plus basique (essentiellement céréalier) et assez pauvre en protéines et matières grasses. La granulométrie de la bouillette est en revanche habituellement étudiée pour favoriser la diffusion des arômes et attractants liquides souvent surdosés. Ce genre de bouillettes a donc beaucoup d’intérêt sur des pêches rapides mais peut s’avérer moins efficace dans le temps ou sur des poissons difficiles, qui préfèreront le profil nutritionnel d’une bouillette plus “discrète” et plus élaborée.

Bouillettes poisson
Les farines de poisson (ou fishmeals) ont la réputation d’être très efficaces en eau chaude

Le choix des armes

Il faut toutefois garder à l’esprit que tout ceci reste finalement quelque peu théorique. À la pêche, rien n’est jamais gagné d’avance et le comportement des carpes est parfois imprévisible. Les bouillettes retenues ne fonctionnent pas non plus toujours comme escompté, mais leur composition et leur texture donnent en général une idée de ce à quoi s’attendre (préférez une bouillette tendre pour une diffusion optimale). De plus, comme dans l’alimentation humaine, le packaging est parfois trompeur. Une bouillette végétale simplement rehaussée d’un arôme poisson n’a pas grand-chose à voir avec une bouillette effectivement composée de farines de poisson. Dans le cas d’une pêche hivernale, il faudrait par exemple veiller à ce que le taux d’huile contenu dans la deuxième bouillette ne soit pas trop élevé. Ce qui gênerait la libération des attractants et lui ferait perdre de l’efficacité dans cette situation de pêche en eaux froides. Ce n’est qu’un exemple et les fabricants d’appâts les plus connus précisent généralement les conditions optimales d’utilisation de leurs gammes de bouillettes, à défaut d’en dévoiler la recette. Intéressez-vous donc à la composition des appâts au moment de choisir et continuez de faire confiance à une bouillette qui donne des résultats. Cela pourrait vous donner un avantage sur ceux qui se laissent uniquement influencer par le marketing.

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